A redécouvrir

Miss Kuroichi from the monster developpement

Le renouveau des super-héros

Miss Kuroitsu from the Monster Development Department

Est-il encore possible d’écrire un manga sur les super-héros et de proposer un univers original ? La question mérite d’être posée au vu du succès des séries comme My Hero Academia ou Tiger and Bunny qui ont redéfini les codes du genre. Pourtant si vous êtes à la recherche d’une œuvre remarquable, unique, qui mérite plus que le coup d’œil, découvrez aves nous la série Miss Kuroichi from the monster developpement bijou d’humour, d’absurde et d’intelligence.

De l’autre côté du miroir

Kuroitsu est une chercheuse au sein du département de recherche et développement des créatures. Elle est consciencieuse, appliquée et passionnée par son métier. Rien ne la différencie des autres chercheuses au Japon à un détail près. Elle travaille pour Agastya, une organisation de super-vilain qui affronte des super-héros. Et sa mission est compliquée car sa société fonctionne comme une société normale : contrainte budgétaire, dépassement du budget, guerre des services, réunions sans fin.

La série nous propose donc de découvrir l’enfer bureaucratique du monde des super-vilains. Rien n’est simple pour eux. Il faut recruter des personnels ce qui est loin d’être facile vue qu’à chaque fois les héros le mettent une raclée. Heureusement existent les boîtes d’interim. Il faut maintenir intact l’esprit d’équipe, s’accorder des pauses, trouver l’arme fatale pour vaincre les héros et lutter contre la concurrence des autres sociétés de vilains qui veulent grignoter des parts de marché.


Miss Kuroitsu from the Monster Development Department

Un high concept tenu de bout en bout

La première qualité de cet anime, c’est qu’il ne s’essouffle jamais. La série dure 12 épisodes et ne perd jamais son rythme. Sur l’idée de base assez géniale (mêler the office et les super sentai), les créateurs vont déployer une audace totale mêlant les situations très réelles (séminaire, conférence) à des moments fantasques : création de Kaiju, infiltration, les combats. Le ton employé est excellent. L’œuvre traite avec un sérieux à toute épreuve de faits absurdes : comment expliquer que les créatures se font toujours battre ? A cause des coupes budgétaires qui obligent les ingénieurs à revoir à la baisse la puissance de leur prototype.

On ne peut que saluer la qualité d’écriture de la série. Globalement tout d’abord, la structure est parfaitement tenue avec une fin très réussie. C’est surtout la structure interne des épisodes qui est remarquable. Chacun commence par une voix-off aux accents dramatiques accompagnés de sous-titres décalés qui nous mettent dans l’ambiance de douce folie. Ensuite la narration enchaîne les péripéties, les surprises avec grand art ce qui rend chaque épisode imprévisible notamment grâce à leur chute qui vous laisse souvent sans voix.

Miss Kuroitsu from the Monster Development Department


Lettres d’Amour à un univers.

La série parle de super-héros en inversant le point de vue. Que peuvent nous raconter les anonymes qui servent les desseins, pas toujours très clairs, de leurs chefs ? Sur ce ton parodique, ce construit une œuvre qui nous fait rire des super-héros sans jamais se moquer d’eux. Elle pose des questions que personne ne s’est réellement posé : que font les vilains pendant leurs pauses ? Prennent-ils leur retraite ? Quels sont les conditions de travail de leurs employés ? C’est la rencontre entre deux mondes opposés, celui de l’entreprise, celui des héros) qui va permet à la série de conserver une très haute tenue. Rien n’est jamais forcé ni gratuit. Tout est traité avec de la finesse.

Car derrière le rire se cache un respect et une compréhension totale pour l’univers ainsi parodié. Cela se retrouve à travers la richesse visuelle que ce soit les costumes, les monstres, les situations, les dialogues, les lieux (les repères cachés..). Toute cette mythologie moderne s’intègre dans une fable admirable que nous fait découvrir la plus improbable et touchante des héroïnes. D’ailleurs la fin de chaque épisode se termine par un hommage à des vrais cosplayers japonais qui ont inspiré des personnages de l’œuvre.

Miss Kuroitsu from the Monster Development Department

Miss Kuroitsu From the Monster developpement : c’est beau et c’est drôle

Techniquement, la série est irréprochable. Les animateurs ont saisi toute la richesse de l’univers et lui rendre grâce : luxe des détails, diversité des décors (onsen, parc d’attraction, plage, villes, laboratoires..) détails des armures, des monstres, des pouvoirs. Ils vont emprunter autant chez les super-sentai que les comics pour nourrir l’univers. L’ensemble baigne dans une ambiance très colorée, par très loin du Kawaï qui accompagne parfaitement cette histoire gentiment loufoque. Ajouter à cela une bande son excellente, un opening/ending entraînants et vous avez un œuvre de belle facture.

A cela se rajoute l’humour de la série. Nous suivons des « Méchants » mais qui nous font sourire. Pourquoi s’acharne-t-il autant… à perdre ? De projets farfelus en plans tordus, rien ne fonctionne et provoque chez eux une vraie crise existentielle dont est le témoin le personnage principal. Elle est l’un des points forts de la comédie. Dans ce joyeux bazar, elle est la seule qui tient la route (professionnellement parlant) et par là même, ajoute à la comédie par le décalage constant entre la Nature démoniaque de son travail et le détachement qu’elle fait preuve au travail. Le tout étant accentué par son attitude maladroite et timide dès qu’elle sort du bureau.

Si vous êtes à la recherche d’un anime qui sort de l’ordinaire, précipitez-vous sur Miss Kuroitsu, un bijou d’humour et de parodie.

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