A redécouvrir

l'histoire par la photo : dazibao de la révolution culturelle

La liberté d'expression pour renforcer la dictature. Tel est le sens de ces clichés pris en 1966 et 1967 à Pékin. En 1966 Mao autorise la publication et l'affichage des dazibao littéralement journal à grand caractère qui sont des affiches rédigées et placardées par un citoyen et dans lesquelles il exprime son avis politique, moral. En les ré-autorisant Mao laisse  la jeunesse exprimer sa critique sur les erreurs du régime, l'embourgeoisement des cadres et la déviation de la ligne communiste.  Il s'agit d'une manoeuvre  inscrite dans la préparation de la Révolution Culturelle. Mao discrédité par l'échec du Grand Bond en avant a été mis en minorité lors du refus par la direction du parti du mouvement d'éducation communiste. Il lui faut faire place nette une utilisant la masse du parti, les jeunes contre les cadres.

Le premier dazibao du 25 mai 1966  est l'oeuvre de Nie Yuanzi une étudiante où elle critique une université contrôlée par une bourgeoise anti-révolutionnaire. Les murs de Pékin se couvrent alors,  Mao apparaît comme le guide pour la jeunesse engagée parmi les gardes rouges. Le grand déballage commence manipulé par Mao qui en profite pour resserrer son pouvoir et étouffer encore la contestation. Un ère de libertés et de chaos s'emparent de Pékin et de la Chine : enseignant, docteur, dirigeants sont victimes de la vindicte populaire. Les dazibao servent d'exutoire à la jeunesse qui vite du mot aux actes. Les drames de la Révolution Culturelle commencent. Les gardes rouges, les jeunes exaltés auxquels se joignent des exclus du parti, des opportunistes, des ouvriers déclassés, s'en prennent au nom de Mao  à tous les symboles bourgeois, à toutes dérives droitistes. La vieille garde communiste est purgée, Mao reprend les commandes du parti et finira par réprimer les jeunes gardes rouges...

Commentaires