A redécouvrir

la tour dans tous ses Etats

Vienne et Montpellier abritent/abriteront deux immeubles remarquables par leur audace autant que par la maîtrise technologique. Différentes par leur apparence, leur lecture du paysage et leur style, ces deux tours enrichissent l'abécédaire de l'architecture des buildings en repoussant les limites de l'imaginaire.  Elles permettent de redécouvrir deux visions de l'architecture.


La capitale autrichienne a inauguré en mars 2014 sa première tour plissée née de l'imagination de l'architecte français Dominique Perrault. A l'actif de ce dernier l'université féminine d'Ewha à Séoul, la BNF De Paris, ou le Fukoku life Osaka project. Cette tour appelée DC 1 Tower se situe au coeur du nouveau quartier de Donau City au Nord -Est de la ville. Choisi pour restructurer ce quartier, l'architecte a appliqué ce qui lui tient le plus à coeur : la liaison entre le sol et la surface. Une des quatre façade de cette tour de 220 mètres est pliée, voire même plissée selon les mots de son créateur. Il explique ainsi : « Ce n’est pas seulement un bâtiment vertical, mais c’est un bâtiment qui va faire participer le sol, avec des jeux de topographie, un travail sur le sol artificiel, et avec les ombrelles qui protègent ceux qui vont travailler ou se promener autour de ce bâtiment » ajoute . Que ce soit à Séoul ou à Paris, ces créations n'ont de cesse d'inciter à la ballade extatique et initiatique où  le bâtiment s'inscrit dans la continuité du paysage. L'architecture s'approprie son territoire et n'a pas peur de disparaître. Ici le plissement  de la façade fait écho à  la rivière en contre-bas conférant à  cette première tour un aspect liquide. Cette façade ondulante casse la verticalité parfois violente de ces immeubles. La tour devient un interface entre la topographie naturelle du lieu et l'aménagement humain.  Cette recherche d'harmonie a commandé le design interne où la structure ne se dérobe pas aux regards mais s'incarne au sens physique du terme. Béton, Pierre et métal rendent la structure touchant, rassurante.

Montpellier la belle n'a pas fini d'animer le monde des architectes. Ricardo Bofil, Massimiliano Fuksas, Zaha Hadid, Jean Nouvel, Paul Chemetov, Manuelle Gautrand, Bjarke Ingels ont oeuvré à la renaissance architecturale de cette métropole. Cette fois-ci c'est le japonais Sou Fujimoto qui a été invité à projeter un immeuble de 17 étages nommé l'arbre blanc  dans le cadre des  12 nouvelles «  Folies  » du XXI° s commandées par la municipalité. En référence à l’histoire de la ville qui accueillit au XVIII° s, en sa périphérie, de fantasques demeures conçues par des architectes locaux, pour des aristocrates ou de grands bourgeois, baptisées «  Folies Montpelliéraines  », les créateurs sont invités à en enrichir l'architecture innovante. Sou Foujimoto nous livre une arborescence de logements émergeant d'un bosquet blanc. L'Arbre Blanc a été défini comme une forme naturelle qui a été taillé ou sculpté au fil du temps par l'eau ou le vent. Il imite parfaitement un arbres remodelaé au fil du temps en reprenant les codes propres à fujimoto : espace ouverte, déstructuré, très blanc. Les formes simples en apparence sont complexifiées par l'imbrication d'éléments multiples. Ici les différentes appartements, modulaires, émergent du bloc central, le "nid" dans le voculaire de Fujimoto, comme autant de branches. L'immeuble est à la fois un buisson, un arbre. Très attaché à retrouver des formes d'habitat primitives, Fujimoto  remet au goût du jour les plateformes comme dans les premières villes humaines tout en privilégiant à l'intérieur des pièces modulaires facilement modifiables par les habitants. 

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