A redécouvrir

Happy Birthday Ieoh Ming Pei

97 printemps pour ce grand nom de l'architecture. Vainqueur du prix Pritzker en 1983, ce sino-américain né à Canton est méconnu du grand public français. Et pourtant c'est à lui que l'on doit la sublime pyramide du Louvre. Son apport peut être expliqué par cette citation dont il est lui-même l'auteur : "l'architecture doit AMELIORER LA VIE. Ce n'est pas simplement un objet dans l'espace destiné à être contemplé ; il serait superficiel de réduire l'architecture à cette dimension. Elle doit contenir l'activité humaine et lui donner ses lettres de noblesse". Homme de défi, il déclare que sa pyramide du Louvre est "le genre de défi que l'on ne relève qu'une fois dans sa vie" et qu'il "tient la première place dans ma vie d'architecte"

Nourri par le mouvement moderniste, il en a retiré l'essentiel et rejeté ce qu'il nomme les "banalités" construites en son nom. Il considère son architecture comme un art pragmatique. Comme il le dit dans son discours prononcé à l'occasion de la remise du Prix Pritzker, "Léonard de Vinci ne disait-il pas que la force naît de la servitude/contrainte et meurt dans la liberté ? ". L'art pour l'art ne l'intéresse pas. L'architecture qui ne dialogue qu'avec elle est un non sens. S'il est moderne c'est par la prise en compte à la fois de la rupture avec l'architecture classique, l'intégration de dimension paysagère, la mise au centre de sa démarche de la lumière et l'adéquation entre le cadre et le contenu. Ainsi si l'on prend l'exemple de sa conception ses musées, ceux-ci doivent traduire les différences de mode de vie et de culture. Il s'inscrit dès lors dans une critique de l'internationalisation de l'architecture.
Dans son style, son bi-culturalisme lui donne une lecture claire des enjeux aux quatre coins du globe. Un chinois qui conçoit aux Etats-Unis, un américain qui transforme le haut lieu du patrimoine parisien, il est le précurseur de ces architectes globalisés capables de se fondre dans le substrat culture. Son style c'est justement de ne pas en avoir. On ne retrouve pas les codes stylistiques (si ce n'est la place centrale occupée par la lumière), ces marques que les architectes imprègnent dans chacune de leur réalisation. Son art est symbiotique : se couler dans les veines du paysage, dans les courants architecturaux du XXè siècle d'où l'extraordinaire diversité de ces oeuvres.  Il traverse le XXè siècle sans jamais se réduire à un courant : il emprunte, adapte et clarifie un champ artistique trop souvent prisonnier d'interprétation hâtive. La preuve en image.


Musée des Arts islamiques, Doha (Qatar)

Lamar Building Augusta, Penthouse désigné par I.M Pei

Musée de Suzhou, Chine

Grande Pyramide du Louvre

Bibliothèque présidentielle J.F.K, Boston

Siège de la Banque de Chine, Hong Kong

Center symphonique Morton H. Meyerson, Dallas



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