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Bienvenue en Corée du Nord

Nombreux sont les anciens agent coréens passés au Sud. Dans leur bagage, outre les descriptions des turpides du régime, du désastre économique, leur révélation sur l'implication de l'ex dictateur Kim Il Sung dans une opération étranger née au début des années 1960 : les enlèvements de citoyens étrangers.

Loin d'être minimes, ces rapts ont concerné 12 pays. La première cible fut le Japon, le pays qui après la Corée du Sud fut le plus touché. Le nombre de disparus est encore sujet à débat. La république de Corée du Nord en reconnait 13,  le Japon et les associations en identifient au moins 23 !!! Les premiers disparus étaient trois pêcheurs partis au large. Seul leur navire fut retrouvé. L'espion An Myong-jin de Corée du Nord explique cette disparition par la conséquence d'une collision entre leur bateau de pêche et un navire espion coréen. Les autres disparitions sont vraiment des enlèvements volontaires. Sur les 20 personnes, il y a autant d'homme que de femme. La plus jeune victime a 13 ans, c'est la jeune collégienne Megumi Yokota enlevée sur le chemin entre le collège et sa maison en novembre 1977. Ce qui frappe c'est l'audace des agents nord coréens : 
  • Kumiko Kato : disparaît le 8 août 1970 à arrêt de tramway à Yahata Higashi (Kyushu)
  • Noriko Furukawa : disparaît à la gare de Chiba
  •  Yutaka Kume : garde de sécurité kidnappé sur les côtes d'Ushitsu
  • Minoru Tanaka : enlevé à Kobe, emmené en Corée du Nord après avoir transité par Vienne et Moscou
  • Yokata Megumi : une jeune japonaise de 13 ans enlevée sur le chemin de l'école
  • Yaeko Taguchi : enlevée à Tokyo
  • Yasushi Chimura et Fukie Hamamoto : un couple enlevée près des côtes d'Obama
  • Kaoru Hasuike et Yukiko Okudo :  deux adultes enlevés à Ushitsu
  • Shuichi Ichikawa et Rumiko Matsumoto : un autre couple enlevé à Kagoshima
  • Hitomi et Miyoshi Soga : une mère et sa fille enlevés près de Niigata
  • Toru Ishioka : un étudiant parti en voyage en Europe
  • Kaoru Matsuki : étudié en langues étrangères et dis paru à Madrid
  • Tadaaki Hara : enlevé à Aoshima (Miyazaki)
  • Kenzo Kosumi : pas d'infos
  • Keiko Arimoto : enlevé à Londres
  • Kimiko Fukutome : épouse d'un membre de l'armée rouge japonaise, elle refuse de rejoindre son mari réfugié en Corée du Nord. Elle est enlevée.
 Il faut noter que les agents nord-coréens opérèrent sur tout le territoire. Leur motivation est diverse. Certains enlèvements visaient à prendre l'identité des disparus (couples) qui ont dû être éliminés. D'autres enlevés devaient enseigner aux espions nord-coréens la langue et surtout les coutumes japonaise. Il faut aussi noter les liens avec les militants de l'armée rouge japonaise réfugiés en Corée du Nord après le détournement du JAL 351. Les kidnappings visaient ainsi à apporter une épouse/époux aux terroristes. En effet Kim Jong Il avait ordonné la construction d'"un village de la révolution japonaise". Une dernière raison à ces kidnappings serait liée à la disparition de témoins gênants : ceci expliquerait le cas de la jeune Megumi. La facilité de ces opérations s'expliquent enfin par la côte japonaise difficile à surveiller et surtout par la présence au Japon de membres actifs de l'armée rouge. Ainsi le jeune Keiko Arimoto fut enlevée par Megumi Yao, une membre de ce groupe ; Toru Ishioka fut kidnappé par deux femmes japonaises également membre de ces brigades rouges.

Les exactions de la Corée du Nord ne sont pas arrêtées à ses seuls voisins. On note le cas d'une thaïlandaise, de libanaises, de roumaines, de chinoises de Macao, de quatre malaisiennes, d'une singapourienne, d'une jordanienne et d'au moins 28 femmes d'Europe et du Moyen Orient dont au moins 3 françaises, 3 italiennes et 2 hollandaises. A chaque fois le procédé est le même. Les agents coréens se font passer pour des touristes, hommes d'affaires japonais ou de Hong Kong. Les disparitions passent au début presque inaperçues. C'est grâce à trois sources que le scandale a éclaté. Hitomi Soga une des japonaises relâchées ;  de deux femmes libanaises enlevées mais qui ont pu s'échapper lors du transit à Belgrade, le gouvernement libanais obtiendra la libération de toutes ses ressortissantes qui à leur retour parleront de ces européennes croisées dans leur exil forcé ; d'ex agent secrets comme Hyon-hui Kim responsable de l'explosion du vol  KAL 858 et Ahn Myung-ji.  Les explications sur ces rapts sont encore floues. Tous les agents insistent pour affirmer la volonté du dictateur derrière ces actions menées majoritairement pendant les années 1970. Les victimes furent soumises à un lavage de cerveau ce qui semble accréditer la thèse de s'en servir comme agent dormant/agent double voire d'agent formateur. Il semble que le nombre élevé de femmes accrédite aussi la piste "recherche" d'épouse.

Parmi tous ces disparus, la Corée du Nord n'en a admis très peu. Pour le Japon, sur les 13 reconnus, 5 purent finalement retournés dans leur pays en 2002 : Yasushi Chimura et sa femme Fukie, Kaoru Hasuike et sa femme Yukiko, et Hitomi Soga. Les enfants nés en captivité furent aussi autorisée à revenir en 2004.

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