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Merry Christmas Mister MacArthur

Douglas MacArthur l'avait promis à ses soldats : ils passeront le noël 1950 chez eux. L'assurance du commandant en chef des forces de l'ONU en Corée découle de la tournure prise par la guerre depuis la manoeuvre d'Incheon. Les divisions nord-coréennes en complète désintégration, la guerre se transformait en poursuite. Le 38è parallèle franchi le 7 septembre 1950, Pyongyang conquise dans la foulée, fin octobre les troupes sont en vue du fleuve Yalu traquant les dernières forces nord coréennes réfugiées dans les zones montagneuses frontalières de la Chine.

Ce que MacArthur ignore c'est  que Pékin va entrer dans la danse, par solidarité, pour raison économique (les barrages du Yalu alimentent son industrie de Mandchourie) et stratégique. La IVè armée de l'Armée Populaire de Libération forte de 500 000 hommes et menée par le vétéran de la guerre civile Peng Duhai franchit le fleuve Yalu en plusieurs points et frappe par surprise les unités de l'ONU, d'abord les plus faibles (sud coréennes), ensuite les plus excentrées menaçant même d'encercler plusieurs unités américains (bataille du réservoir de Chosin). La suite est connue, repli, sursaut puis guerre de position pendant encore 2 ans.
La question qui a agité les Etats Majors après guerre c'est comment les Etats-Unis ont pu se laisser surprendre à ce point. La réponse tient en 4 points
  • arrogance : MacArthur est au sommet de sa carrière que cette guerre doit couronner. Depuis Incheon, manoeuvre qu'il a imposé malgré l'opposition des conseils du président Truman et d'une partie de l'armée, il ne se fie plus qu'à son seul jugement. Loin du front il sous-estime les rapports mentionnant la capture de soldats chinois : ce ne sont que des volontaires ponctuels. Il refuse donc de mettre ses unités en position défensive et les chinois les prendront en flagrant délit !!!
  • analyse maladroite. Les services de renseignement estiment que la Chine affaiblie par sa guerre civile ne tentera pas le diable face aux Etats-Unis d'autant plus que l'URSS a refusé d'intervenir directement dans la guerre.
  • Tactique chinoise. L'armée chinoise est très mobile y compris de nuit, utilisant peu les moyens automobiles, assez indépendante des routes, préférant envelopper son adversaire en passant par les crêtes. La saison hivernale favorisera l'action chinoise en limitant les sorties aérienne onusiennes.

  • Dépendance.  L'armée des Nations Unies est fortement mécanisée et dépend du réseau routier qui est très lacunaire et souvent limité à quelques grands axes en Corée du Nord. Le choc sera brutal et la retraite s'effectuera dans des conditions terribles, sur des routes encaissées entourées de troupes chinoises.

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